à Busan, en Coree, 29 novembre-1 décembre 2011
Son intitulé formel peut être trompeur : le quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide à Busan en Corée est beaucoup plus qu’un forum sur « l’aide ». Il vient à la suite des réunions de Rome, de Paris et d’Accra, qui ont joué un grand rôle dans la transformation des relations d’aide qui existent entre donneurs et partenaires en véritables véhicules de coopération pour le développement.
Ces forums, et les principes qui en ont résulté, sont les produits de 50 ans d’expérience et de recherche sur le terrain. Ils encouragent la prise en charge locale, l’alignement des programmes de développement sur les stratégies nationales de développement, l’harmonisation des pratiques pour réduire les coûts de transactions, la réduction de la fragmentation des efforts, et la gestion axée sur les résultats. Ces principes ont mis ensemble les donneurs et les partenaires sur un véritable chemin de redevabilité mutuelle.
Ces engagements avaient l’avantage d’être mesurables. Une enquête de suivi est en cours de réalisation, pour établir la mesure dans laquelle ces engagements ont changé la réalité de la coopération pour le développement pour la fonder davantage sur la confiance et la responsabilité partagée.
Les tendances semblent positives. Les efforts entrepris pour promouvoir l’efficacité de l’aide ont donné lieu à de véritables changements de comportement, tant de la part des donneurs que des partenaires.
La question pour la communauté internationale est désormais d’évaluer si ces avancées suffisent pour faire face à de plus grands défis encore. Face aux crises financière, climatique, de sécurité, d’alimentation, de santé et d’énergie, j’estime que nous n’avons pas encore suffisamment de paradigme. Pour surmonter ces crises et atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), nous sommes tous obligés de faire plus.
C’est pour cette raison que Busan devient beaucoup plus qu’une simple quatrième étape dans une série de forums. Un succès à Busan, ce serait le signal d’un engagement renouvelé de mettre fin à la pauvreté, source de tous les problèmes du monde. Le développement ne se fait pas en un jour. Avant de pouvoir crier victoire, il faut des années de suivi de la mise en œuvre des accords et des engagements internationaux.
Busan sera un succès s’il permet de réaliser ce qui suit :
Brian Atwood, Président du CAD de l’OCDE, présente une liste de six points indispensables au succès du Forum de Busan.
1. Un large partenariat des nations, quelque soit leurs niveaux de développement et de revenus, ainsi que des organisations privées et non-gouvernementales, qui soit fondée sur une division du travail bien définie et une communication transparente.
2. Un ensemble de principes, fondés sur des constatations solides, pour orienter un nouveau consensus sur la coopération pour le développement, et l’engagement d’éliminer les politiques qui font concrètement obstacle au développement.
3. Un effort renouvelé au niveau mondial pour atteindre les OMD avec une attention particulière pour la provision des biens publics.
4. Une reconnaissance du fait que les pays les plus pauvres et les plus fragiles ont besoin de sécurité et de compétences, et que l’engagement de les soutenir implique de la flexibilité dans les modalités et une certaine prise de risques.
5. Une acceptation du principe selon lequel un peuple, bien que pauvre, a le droit de participer directement au processus de développement.
6. Une acceptation du principe selon lequel tous les acteurs de l’appui au développement doivent présenter des résultats mesurables, consultables par les citoyens de tous pays.
Atteindre ces objectifs implique l’effort de surmonter de profonds préjugés et idées fausses. Cela implique un respect réciproque – y compris le respect des méthodes non traditionnelles. Nous devons tous être prêts à tisser des liens entre divers partenaires et oublier les étiquettes anciennes qui ont pu semer la discorde. Au lieu de faire la distinction entre « donneurs » et « bénéficiaires », nous devons nous ouvrir à l’idée de redevabilité mutuelle.
Nous ne satisferons nos plus hautes ambitions pour Busan que si nous nous réunissons avec un sentiment d’urgence et reconnaissons que le manque de développement sape partout la qualité de la vie. Busan constitue l’occasion d’un partenariat élargi et approfondi. C’est peut-être la meilleure mais la dernière chance de créer la volonté politique qui mettra fin au fléau de la pauvreté, cause principale de certains des plus grands défis mondiaux.
Pour plus d’information, merci de consulter le site officiel du forum à www.busanhlf4.org
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