Le rôle et l’engagement des ONG pour le changement social.

Séminaire animé par Olivier Consolo dans le cadre de l’AG du Cercle 17/03/2015 Olivier Consolo, a été directeur de CONCORD (Confédération Européenne des ONG d’urgence et de Développement) pendant 11 ans. Il est aujourd’hui consultant et activiste au sein du réseau Smart CSO[1]. Pour planter le cadre, Olivier fait référence à l’exposition « all we need » […]

Séminaire animé par Olivier Consolo dans le cadre de l’AG du Cercle 17/03/2015

Olivier Consolo, a été directeur de CONCORD (Confédération Européenne des ONG d’urgence et de Développement) pendant 11 ans. Il est aujourd’hui consultant et activiste au sein du réseau Smart CSO[1].

Pour planter le cadre, Olivier fait référence à l’exposition « all we need » qui s’est tenue au Luxembourg en 2007 et qui avait été organisée par le Cercle. C’est cette exposition qui a marqué un tournant, on commence alors à se poser des questions sur le modèle de développement lui-même. C’est également à ce moment là qu’apparaît la notion d’écologie avec la campagne « ecological foot print ».

Depuis 2010 et son départ de CONCORD, Olivier a commencé une réflexion plus alternative sur le secteur de la coopération; osant poser des questions élémentaires que nous devrions tous nous poser, nous, acteurs de la société civile. L’idée de cet atelier n’était pas de trouver un consensus ni de se mettre d’accord sur telle ou telle tendance, mais plutôt d’interagir sur des questions, de grands enjeux, qui peuvent parfois être dérangeants.

Il est primordial de prendre le temps de se poser « les bonnes questions »… La société nous pousse trop souvent à choisir « la bonne réponse »; la question apparaît en second plan. Pourtant se sont les bonnes questions qui amènent les bonnes réponses…

Le séminaire suit un plan de travail en différentes étapes et selon différentes modalités ; pour ensuite traduire le contenu en actions concrètes.

Dans quel contexte évoluons-nous?

Nous pouvons identifier trois niveaux d’enjeux dans le secteur de la coopération au développement et de la solidarité internationale :

  1. on vit la fin d’une époque ; on s’éloigne de l’époque tiers-mondiste ; quels sont les éléments clefs de cette « nouvelle » époque ?
  2. nous nous considérons comme des acteurs de changement, mais sommes-nous toujours ces acteurs de changement dans cet environnement en évolution ?
  3. devant l’émergence de nouveaux mouvements, autour notamment de la grande transition, comment réagissent (ou agissent) les ONG ?
  1. La fin d’une époque

olivier1Au 21eme siècle, est ce aux personnes « du » de résoudre les problèmes « du sud » ? Beaucoup d’acteurs nord ont encore la certitude d’apporter des éléments nécessaires au sud, suivant une attitude auto-culpabilisatrice néocoloniale…

De fait, la coopération au développement est née dans un mouvement d’indépendance des pays du sud ; il était alors nécessaire de les accompagner dans leur transition. Mais cette méthode d’action est-t-elle encore appropriée ? Le lien au mouvement tiers-mondiste est –il encore pertinent ?

On entre dans une nouvelle phase de l’histoire de la solidarité internationale. Il est nécessaire de se questionner sur la façon d’agir de nos ONG ; notamment leur façon d’aborder le partenariat nord/sud.

Quelles sont les responsabilités de nos sociétés/gouvernements du nord dans le mal développement des sociétés du sud? Les ONG nord se sont lancées depuis quelques années dans une politique assidue de plaidoyer envers leurs propres gouvernements. Mais questionnons notre rapport au plaidoyer. Le plaidoyer que nous menons se limite trop souvent au secteur de la coopération. Le concept de Cohérence des Politiques pour le Développement (CPD) marque une réelle avancée, un vrai tournant dans l’approche qui devient alors plus systémique. Pour simplifier, l’approche répond au concept : « ne prenons pas d’une main ce qu’on donne de l’autre »… Seulement aujourd’hui tout notre plaidoyer se focalise sur cet aspect uniquement.

Les ONG ne remettent pas le système occidental en cause : ni le système de production, ni le système de consommation, ni le modèle de démocratie. Est-ce qu’il est pertinent que ces questions fondamentales s’immiscent dans la réflexion des ONG?

Si l’objectif de notre secteur de coopération est de viser une solidarité d’égale à égale, une équité nord/sud, alors il est important que les acteurs travaillent chacun dans leur environnement. Ensemble, mais chez soi. Nous avons une responsabilité par rapport à ce qui se passe dans NOTRE environnement. (Et il est important de considérer le rôle de l’éducation au développement pour cela !)

Est-ce que les ONG vont assez loin dans leur action nord? Doit-on rester sur la CPD ? Comment l’articuler avec l’éducation au développement ? Doit-on envisager un changement plus structurel de notre secteur ?

Pourquoi le secteur de la coopération au développement est si loin des ONG du secteur environnemental? Les ONG de coopération au développement nord (et plus globalement les sociétés du nord) doivent remettre en question leur relation à la nature et pour cela s’inspirer de mouvements de réflexion du sud. Cette notion a pendant des années été totalement absente des discussions de la coopération.

Depuis l’Agenda de l’Efficacité de l’Aide et du Développement[2], notre secteur est entré dans une logique orientée vers les résultats, dans laquelle on doit démontrer notre propre efficacité. Nous nous sommes vus imposer un cadre pour nos actions par nos bailleurs. Autrement dit, l’industrie de l’aide génère une demande d’efficacité. Il est difficile aujourd’hui de choisir librement avec qui on travaille. Par exemple, certains bailleurs nous obligent à mettre un terme à des partenariats conclus avec les populations les plus pauvres, au risque de ne pas obtenir suffisamment et dans un temps limité, des résultats satisfaisants…

Mais l’efficacité est-il un concept pertinent pour mesurer l’impact de nos actions? Le cadre contraignant de l’efficacité est-il adapté à l’impact de notre secteur et aux changements sociaux?

  1. Nos stratégies de changement

olivier2Les ONG se considèrent comme des acteurs de changements ayant pour ambition de modifier une situation inacceptable pour la rendre convenable. Mais sommes-nous encore aujourd’hui ces acteurs de changements ? Quelle stratégie de changement applique-t-on ? A-t-on au sein de nos organisations une théorie du changement ? Qui la construit et comment ? Cette stratégie de changement considère-t-elle les changements au nord et/ou au sud ? Avec qui œuvre-t-on pour ce changement ? Quelle place pour nos partenaires dans cette stratégie ?

Il est important de noter que les transferts de fonds du nord au sud (entre ONG) continuent à instaurer un rapport de force entre les partenaires. Le fait que nous soyons nous même, ONG du nord, soumises à un devoir de résultat et une forte redevabilité envers nos bailleurs de fonds dénature nos relations avec les partenaires sud. Trop souvent, on se contente de consulter nos partenaires ; on est loin de l’élaboration d’une stratégie commune et partagée.

olivier 2aNotre technique de plaidoyer est également à questionner. Le changement s’envisage lentement et progressivement, petit à petit. Nous visons de petits changements législatifs. Nous sommes devenus des experts, spécialisés sur des détails techniques. Mais est-ce satisfaisant ? Devons-nous mobiliser la plupart de nos efforts et énergies vers cet aspect spécifique? Quels espaces investissons-nous en dehors du face à face avec les institutions ?

Plus on combat le système, plus il se renforce… Si nous n’investissons pas d’autres champs de l’action politique, nous risquons de survoler les problèmes.

Il serait nécessaire d’envisager une action politique envers le secteur économique. On s’épuise vers les acteurs institutionnels publics, puisque ce sont eux qui potentiellement font/modifient les lois ; mais c’est l’économie qui dirige le système actuel! Nous avons donc besoin de réinvestir ce secteur ! Il s’agit ici de remettre en cause la gouvernance économique, notamment par la promotion d’autres systèmes économiques (comme les coopératives par exemple).

Pour se détacher d’un plaidoyer institutionnel, il faut également entrer en pour parler avec les partis politiques eux-mêmes puisque ce sont eux qui dessinent les stratégies.

La notion de temporalité est au cœur de ces questions. Il est temps d’oser exiger de nos bailleurs plus de flexibilité afin de nous engager sur le long terme, sur des générations! Cet aspect reste tabou, remettant en cause la structure même de nos organisations, ancrées dans l’approche projet (sur un temps court), envisageant le changement pas à pas…

  1. Lien aux mouvements alternatifs

Malheureusement, les ONG sont souvent étrangères aux mouvements (sociaux) qui œuvrent pour un changement du système en profondeur (printemps arabe et mouvements des indignés par exemple). Ces mouvements n’ont à l’évidence pas besoin des ONG pour se mettre en action. Ils considèrent d’ailleurs souvent que les ONG font partie du système qu’ils veulent changer !

On peut citer plusieurs types de mouvements. Les mouvements de la transition écologique par exemple, qui se sont construits depuis la base pour s’organiser ensuite à l’échelle mondiale.

  • Le mouvement des villes en transition[3].
  • L’élaboration de software alternatif.
  • Le circuit court (du producteur au consommateur)[4].
  • Le réseau des incroyables comestibles[5].

L’idée est de redéfinir un modèle économique, concevoir une alternative à la répartition du public et du privé ; une nouvelle gestion « du commun »[6].

Ces mouvements sont actifs dans le tissu local, même au Luxembourg. Quel lien notre secteur de la solidarité internationale entretient-il avec ces mouvements alternatifs? Nous devons nous rapprocher d’eux. Qu’est ce qui nous reconnecte à l’échelle locale aujourd’hui ? Qu’est-ce qui nous reconnecte à cette nouvelle génération qui est au cœur d’un changement structurel, remettant en cause le système de production et de consommation ? Dans cette perspective de rapprochement de certains acteurs, il faut également considérer le rapprochement avec les medias, notamment les medias sociaux !

Peut-être avons-nous besoin de considérer une modification de nos modalités d’action et de nos fonctionnements. Les ONG risquent de devenir obsolètes si elles ne se remettent pas en question ni ne s’approchent de nouveaux acteurs. Face à l’échec des politiques de développement des dernières 40 années, les populations du sud créent d’autres façons de vivre… A nous de nous remettre en question pour avancer, évoluer et s’adapter !! Nous avons besoin d’écrire un nouveau récit, de construire un autre monde, …

De façon plus générale on peut aborder ici la notion de « enabling environment »[7] contextualisant notre combat au sein de la société et pouvant aborder des questions liées à notre vision de la démocratie, souvent absente de nos secteurs.

Les membres du Cercle de Coopération face à ces enjeux

L’objectif de cette deuxième partie est de construire un pont entre ces questions fondamentales et la réalité des ONG luxembourgeoises. Il s’agit de ramener ces questions à 3 niveaux :

  1. Au niveau personnel
  2. Au niveau de son ONG
  3. Au niveau de la société (en général)

Les données qui suivent sont donc issues des différents groupes de travail constitués lors de cette journée de réflexion, établissant un panel de défis pour chaque niveau et débouchant sur des propositions concrètes !

Au niveau personnel

Quelques défis au niveau personnel en lien avec les grands enjeux précédemment évoqués :olivier3a

  • Il est difficile de se détacher du rôle de l’employé et de la vision de son ONG pour ne considérer que l’engagement personnel. Besoin de cohérence entre l’engagement personnel et l’engagement associatif.
  • Nous avons mis en place des mécanismes de résistance au changement.
  • Le système nous impose des règles que nous subissons. Mais nous renforçons nous-même cette pression instaurée par le système.
  • Il est difficile d’avoir une vision claire des mouvements alternatifs.
  • Manque de temps : on passe trop de temps au sein de nos ONG ce qui ne nous laisse pas le temps de s’engager dans d’autres cadres ou sur le terrain. Pas suffisamment de recul.

Propositions concrètes :

  • La gestion des ressources humaines au sein des ONG doit prendre en considération (ou être basée sur) le bien-être au travail. Envisager des formations (comme le fait le Cercle, à titre d’exemple, pour ses permanents : formation sur la pleine conscience et la gestion du stress) qui favorisent le bien être des salariés.
  • Organiser des temps d’échanges (au sein des ONG mais aussi entre les ONG) pour discuter de nos visions, de notre engagement. Suggestion pour un prochain « apéro 5 à 7 » du Cercle.
  • Prendre des temps de réflexion sur le terrain avec les partenaires. Le rythme dans nos sociétés occidentales et sur les terrains d’intervention n’est pas le même, il faut s’adapter et prendre le temps ! Manque de temps = manque de réflexion.
Au niveau de mon ONG

olivier4Quelques défis pour les ONG en lien avec les grands enjeux précédemment évoqués :

  • Il y a parfois des blocages en interne : comment devenir acteur de changements dans sa propre ONG ?
  • Les ONG luxembourgeoises sont (trop) peu politiques.
  • Les ONG nord ont-elles un rôle dans les échanges sud/sud ?
  • Doit-on partager une vision commune pour travailler ensemble ?
  • Que va créer la compétition entre ONG sur le long terme?
  • Relation de dépendance par rapport aux bailleurs : comment « révolutionner » le secteur sans qu’on nous coupe les financements ?
  • Avons-nous besoin d’accentuer la cohérence de nos propres pratiques ?
  • Comment garder une vision d’ensemble dans un monde qui est de plus en plus large et complexe ?

Propositions concrètes :

  • Besoin de promouvoir davantage les synergies entre ONG. Certaines ONG collaborent déjà autour d’accord cadres. On note un besoin de s’ouvrir et de multiplier ces accords, même s’il est précisé que nous ne pouvons pas nous satisfaire de ce modèle comme le seul mécanisme créateur de synergies. (Accord cadre à consommer avec modération.) Il est important que le Cercle continue à stimuler les synergies et la solidarité entre ONG (mais les ONG doivent collaborer, le Cercle ne peut rien faire seul…)
  • Formation : quel est le rôle de la société civile dans le changement social. Formation (par le Cercle) sur notre rôle d’acteur de changement social. Le pouvoir que les bailleurs ont sur les ONG nord est retransmis sur les partenaires sud. Ce manque d’équilibre nous bloque pour devenir des acteurs de changement sociétal. Cette formation devrait être suivie non seulement par les employés et bénévoles des ONG, mais aussi et surtout par les personnes des conseils d’administration. Le Cercle rappelle les deux prochains évènements relatifs à cette thématique : conférence publique avec Adrian Béling, un autre membre du réseau smartCSO, sur la Grande Transition le 20 mai au CCRN ; et une formation sur l’Education à la Citoyenneté Mondiale le 21 mai au CITIM.
  • Il y a des mouvements de transition au Luxembourg[8], besoin de mieux les connaitre, important de créer des liens avec eux, de se rapprocher d’acteurs locaux, de considérer des collaborations entre acteurs.
Au niveau de la société

Quelques défis pour la société en lien avec les grands enjeux précédemment évoqués :

  • Comment créer une masse critique pour le changement autour de la transition ?
  • Nous sommes dans une société de consommation. Une société qui valorise trop l’argent et la prospérité. Le Luxembourg a une des plus grosses empreintes écologiques au monde. Comment articuler cette réalité avec la notion d’inégalité pour laquelle se bat notre secteur ONG ?
  • Comment amener la conscience du « buen vivir »[9] au Luxembourg ?
  • Comment regrouper les différents acteurs du changement ?

Propositions concrètes :

Devant la nécessité de mobiliser les citoyens et la société luxembourgeoise, le gouvernement du Luxembourg, s’est lancé dans une campagne nationale pour redoreolivier3r son image (Nation Branding)

L’idée ici est de lancer une campagne, orchestrée par la société civile, focalisée sur le développement humain, qui deviendrait alors la vitrine du Luxembourg.

« Le Luxembourg : du paradis fiscal au paradis du développement humain ! »

Nous pourrions construire une meilleure image pour le Luxembourg, basée sur le Luxembourg en tant que champion de l’APD, et en diminuant l’empreinte écologique, en améliorant la coordination et la cohérence des politiques pour un développement durable…

Cette campagne correspondrait d’ailleurs aux objectifs stratégiques du Cercle pour les objectifs de : dynamiser de la vie associative du Cercle (mission 1), représenter les membres et défendre un développement juste et durable (et de cohérence des politiques – mission 3), sensibiliser le grand public (mission 4) !

Ces propositions, cet agenda nous appartient. Nous avons besoin de nous y engager. Il est de NOTRE responsabilité de le faire évoluer

Sources et documentation :

Barefoot guide connection : réseau Sud-Africain qui a travaillé sur le leadership des communautés de base pendant l’apartheid ; ont développé des outils de participation des mouvements de base.

http://www.barefootguide.org/

[1] Smart CSO : Espace de discussion à différents niveaux, objectif de reposer les questions fondamentales (sur les stratégies de changement notamment) et de décloisonner les secteurs au sein de la société civile. http://smart-csos.org/

[2] Processus de réflexion depuis Paris en 2005 jusqu’à Busan en 2011.

[3] Ville en transition : « ville dans laquelle se déroule une initiative de transition, c’est à dire un processus impliquant la communauté » dans la gestion de sa ville notamment son rapport à l’environnement: http://fr.wikipedia.org/wiki/Ville_en_transition

Center for Ecological Learning Luxembourg : http://cell.lu/?lang=fr

[4] Le circuit court s’introduit dans nos villes, principalement dans le secteur agricole via des réseaux organisés. L’idée est de contourner les circuits de grande distribution. Exemple des AMAP en France: http://www.reseau-amap.org/amap.php

[5] http://www.incredible-edible.info/?p=2051

[6] Le bien commun « correspond à accéder à des ressources équitablement partagées et à des intérêts qui soudent les membres d’une communauté et participent à son existence. » pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bien_commun

[7] La notion d’environnement propice concerne l’environnement de travail et l’espace démocratique dans lequel les organisations de la société civile agissent. Les bailleurs de fonds et les gouvernements ont un impact sur cet espace. Cette notion est apparue dans le cadre des réflexions autour de l’agenda de l’Efficacité du Développement. Pour en savoir plus : http://wiki.cso-effectiveness.org/Environnement-propice?lang=en

[8] Par exemple : www.cell.lu, www.transition-minett.lu, http://seed-net.lu/, www.terra.lu, etc.

[9] Note de réflexion : Buen vivir et développement durable : rupture ou continuité par Julien Vanhulst et Adrian E.Beling http://desarrollo.sociologia.uahurtado.cl/wp-content/uploads/2013/03/2013-Buen-Vivir-y-Desarrollo-sustentable.pdf

flag_yellow_eps 2 - copieCet événement a été organisé dans le cadre du projet « Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union Européenne 2015 « S’engager en tant que société civile dans la mise en œuvre du nouveau cadre après 2015 et dans l’année européenne pour le développement » et est financé par l’Union européenne.