Non, la guerre n’est pas finie en Syrie

Depuis 6 ans, les Syriens sont victimes d’un conflit marqué par des attaques indiscriminées et d’une rare intensité. Le constat des ONG humanitaires au Luxembourg est sans appel : il s’agit de l’une des crises humanitaires les plus dévastatrices pour les populations civiles, les plus complexes et les plus volatiles au monde. Le droit international […]

Depuis 6 ans, les Syriens sont victimes d’un conflit marqué par des attaques indiscriminées et d’une rare intensité. Le constat des ONG humanitaires au Luxembourg est sans appel : il s’agit de l’une des crises humanitaires les plus dévastatrices pour les populations civiles, les plus complexes et les plus volatiles au monde. Le droit international humanitaire qui impose de protéger les civils lors des conflits ne cesse d’être bafoué sans réaction de la communauté internationale.

Selon les Nations Unies, plus de 400 000 personnes sont mortes depuis 2011, ce qui représente, en moyenne, 182 hommes, femmes ou enfants tués chaque jour ; 13,5 millions de personnes ont un besoin urgent d’assistance à l’intérieur du pays, 6,3 millions de personnes sont déplacées et 5 millions réfugiées en dehors des frontières.

Les grandes difficultés pour les acteurs humanitaires d’accéder aux victimes et personnes réclamant une aide urgente et, réciproquement, les obstacles quotidiens pour les populations d’accéder à l’aide humanitaire rendent cette situation inacceptable. « Aujourd’hui, la ville d’Alep incarne l’horreur pure de la guerre contre les populations assiégées. Mais nous comptons en Syrie au moins 13 endroits comme Alep. Il y a 4,9 millions de personnes auxquelles les organisations humanitaires locales et internationales n’ont presque pas accès à cause des combats, des blocages et de la situation sécuritaire. 650 000 d’entre eux vivent dans des zones assiégées, dont 300 000 enfants. Seulement 10 % des convois d’aide humanitaire parviennent à accéder à ces populations », explique Frédéric Haupert, Directeur de CARE.

Le niveau de violence au sein du pays ne montre aucun signe d’accalmie. « Entre septembre et décembre 2016, une moyenne de 94 attaques par jour impliquant des armes explosives a été enregistrée, soit un bombardement toutes les 15 minutes ! Des bombardements qui touchent en premier lieu les populations civiles : en effet, selon une étude menée par l’Integrated Regional Information Network (IRIN), l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées était responsable de 48 % des victimes civiles en 2012. Cette proportion a presque doublé en 2016 pour atteindre 83 % ! », souligne Martin Lagneau, Directeur de Handicap International.

La violence généralisée affecte la portée et l’efficacité des soins médicaux qui peuvent encore être fournis. Les ONG présentes en Syrie ont dû s’adapter en permanence. « Nous avons commencé par mettre en œuvre directement des programmes médicaux habituels. Mais au fur et à mesure de l’intensification et de la radicalisation du conflit qui cible directement les acteurs médicaux et les infrastructures hospitalières et vise à les éradiquer, une nouvelle approche de soutien indirecte a été nécessaire. Nous avons mené ces projets avec des partenaires ou des personnes de confiance, en collaboration avec les associations médicales et les organisations de secours locales. Cette approche consiste principalement à envoyer des médicaments et de l’équipement médical, à mettre en place une assistance à distance et à offrir des conseils de spécialistes via différentes plateformes de télécommunication », explique Paul Delaunois, Directeur de MSF Luxembourg.

Les personnes déplacées en Syrie sont sans doute l’un des groupes les plus vulnérables aujourd’hui. Ils se retrouvent dans des camps temporaires, sans sécurité ni protection. « Des rescapés toujours plus nombreux arrivent dans les camps de déplacés proches de la frontière turque », souligne le docteur Michael Feit, responsable de la Coopération Internationale auprès de Caritas Luxembourg. « Ils ont besoin de tout : nourriture, kérosène, vêtements, etc., et avant tout, ils ont besoin de sécurité pour que la distribution de l’aide puisse se faire. À l’heure actuelle, nous ne pouvons pas assurer la distribution des vivres tous les jours. »

Le droit humanitaire international interdit certains comportements pour éviter les souffrances et destructions inutiles dans les situations de conflit armé et protège les populations par la qualité des actions de secours que les organisations humanitaires peuvent déployer en toute sécurité. Peter Maurer, Président du Comité international de la Croix-Rouge, en déplacement en Syrie au mois de février 2016, a déclaré : « J’ai insisté sur le droit des blessés et des malades à recevoir des soins médicaux et sur l’obligation qui incombe à toutes les parties engagées dans les hostilités de respecter les personnels de santé, les structures médicales et les véhicules sanitaires. Les familles doivent par ailleurs être informées du sort de leurs proches portés disparus ; c’est un domaine dans lequel le CICR dispose d’une vaste expérience. Il est temps que les parties mettent un terme à cette guerre effroyable et que les puissances mondiales capables d’influencer la situation en Syrie agissent avec détermination. Les violations du droit international humanitaire sont une caractéristique inacceptable de ce conflit, qui engendrent des souffrances inouïes et inutiles!» CARE, Caritas Luxembourg, la Croix-rouge luxembourgeoise, Handicap International et Médecins Sans Frontières appellent d’une seule et même voix toutes les parties au conflit à cesser les violations systématiques du droit international humanitaire et la communauté internationale à les condamner fermement tout en s’engageant à y mettre fin.

Contacts

CARE Frédéric Haupert Directeur Tél. : (+352) 26203060 | (+352) 621490942 Email : haupert@care.lu

Caritas Luxembourg : Stéphanie Mertz Chargée de Communication Tél :(+352) 40 21 31 264 stephanie.mertz@caritas.lu

Croix Rouge luxembourgeoise : Rachel Vieira Gomes Chargée de Communication Tél. : (+352) 27 55-2122 – Fax : (+352) 27 55-2001 rachel.vieira@croix-rouge.lu

Handicap International : Cyrielle Chibaeff Chargée de Communication Tel : (+352) 40 80 60 23 cchibaeff@handicap-international.lu

Médecins Sans Frontières : Christophe Hebting Head of Communications (+ 352) 33 25 15 – 302 | (+352) 691 239 114 christophe.hebting@luxembourg.msf.org