Pourquoi se mobiliser contre la Socfin?

  Rassemblements dans les plantations Socfin au Cameroun, au Cambodge et en Sierra Leone dénonçant la répression contre les représentants libériens 15.1.15.   SOCFIN est un groupe agro-industriel multinational spécialisé dans la culture de palmiers à huile et d’hévéa (caoutchouc). SOCFIN est contrôlée par l’homme d’affaire belge Hubert Fabri (50,2% des parts) et par le […]

 

clip_image004Rassemblements dans les plantations Socfin au Cameroun, au Cambodge et en Sierra Leone dénonçant la répression contre les représentants libériens 15.1.15.

 

SOCFIN est un groupe agro-industriel multinational spécialisé dans la culture de palmiers à huile et d’hévéa (caoutchouc). SOCFIN est contrôlée par l’homme d’affaire belge Hubert Fabri (50,2% des parts) et par le français Vincent Bolloré (39% des parts). Le groupe dispose de sociétés financières et opérationnelles en Belgique, au Luxembourg et en Suisse qui gèrent des plantations dans une dizaine de pays africains et asiatiques.

Depuis 2008, les expansions de ces plantations sont continues. Les surfaces plantées des sociétés africaines de la Socfin sont passées de 87 303 à 108 465 ha entre 2011 et 2015, soit une augmentation de 24% qui se fait au détriment des communautés locales. Pour tenter de résoudre ces conflits, Bolloré avait accepté d’entamer un processus de négociation dont le 1er round a eu lieu à Paris le 24 octobre 2014 avec les représentants des communautés de ces cinq pays. Mais Hubert Fabri, dirigeant historique de la Socfin, a repoussé cette volonté d’apaisement et choisit le bras de fer. Depuis 2015, des militants sont arrêtés au Liberia et en Sierra Leone sur ordre de la Socfin. Les négociations lancées au Cameroun ou au Cambodge ont été stoppées. Le groupe Bolloré s’est alors rangé derrière Fabri et la Socfin et abandonné le processus de dialogue. Désormais, il continue d’encaisser les bénéfices, mais récuse toute responsabilité.

Face aux abus de l’entreprise, les communautés locales se sont organisées au niveau national et international. Dès 2013, une « Alliance internationale des riverains des plantations SOCFIN/Bolloré » a été mise sur pied. A plusieurs reprises l’Alliance a fait valoir les droits des communautés et a présenté ses revendications au groupe SOCFIN/Bolloré en vue d’une résolution pacifique des conflits, sans réel succès à ce jour. Loin d’accepter un dialogue constructif, les dirigeants de l’entreprise SOCFIN se contentent de déclarer que « la référence à de tels conflits sociaux relève du fantasme »  et se disent « exaspérés par les actions des ONG alignant les mensonges les uns après les autres à notre sujet, dans le seul but de recevoir plus d’argent ». La même attitude de refus de collaborer a été adoptée face aux Points de Contact OCDE en France et en Belgique dans le cadre d’une procédure pour manquement aux Principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises multinationales. Par deux fois en 2015 les dirigeants de SOCFIN ont refusé de se présenter devant le Point de Contact belge, qui a déploré cette situation dans un communiqué officiel.

Dans ce contexte, les citoyens et les ONG présents à l’Assemblée générale de SOCFIN mèneront des une action symboliques pout rappeler leur solidarité avec les communautés locales et demander aux actionnaires de faire pression sur les dirigeants de l’entreprise pour respecter les droits  des communautés locales et trouver des solutions durables aux conflits sociaux.