
21/09/25
En cette Journée internationale de la Paix, il est impossible d’ignorer les multiples formes de violence qui secouent notre monde : des conflits armés toujours plus nombreux aux crises environnementales qui menacent la survie des écosystèmes et des communautés les plus vulnérables. Pourtant, la paix ne se résume pas à l’absence de guerre. Elle implique de repenser nos relations avec la planète, avec les autres êtres vivants et avec nous-mêmes. Cet article propose de croiser réflexion, espoir et action, en explorant comment de nouveaux récits et approches – de la diplomatie écologique à la co-construction de futurs durables – peuvent nous guider vers une paix véritablement planétaire.
Jamais depuis 1946, le monde n’avait connu autant de conflits armés : en 2024 seulement, on en compte 61. Dans le même temps, les dépenses militaires mondiale atteignent selon les dernières études 2 718 milliards de dollars, marquant ainsi la dixième année consécutive de hausse. Les guerres, toujours plus proches, s’invitent chaque jour un peu plus dans nos vies, jusqu’à y devenir omniprésentes dans les médias et dans nos fils d’actualité. Le récent changement d’appellation du Département de la Défense en « Département de la Guerre » aux Etats-Unis, constitue lui aussi, un précédent alarmant.
Aujourd’hui, les conflits ouverts et la violence inouïe des guerres d’invasion et d’anéantissement mobilisent nos attentions et font quotidiennement la une des médias. Seulement, à cette violence spectaculaire, que nul.le ne peut ignorer, s’additionne une autre catégorie de violence, plus discrète, plus insidieuse, mais tout aussi dévastatrice : celle des crises environnementales. Une violence lente qui exacerbe silencieusement la vulnérabilité des écosystèmes, du vivant et des personnes les plus exposées qui, privées de leurs droits fondamentaux – la vie, l’eau, la santé, l’alimentation, un environnement sain – luttent pour leur survie.
Dans son dernier rapport, « Planetary Peace for Human Security: Responses to Existential Risks in the Anthropocene », le Club de Rome appelle à repenser en profondeur la notion de paix. Il y propose un cadre novateur qui dépasse la conception traditionnelle de la Paix comme simple « absence de guerre ».
Au cœur de cette réflexion se trouve le concept de Paix planétaire : « une force dynamique et régénératrice ancrée dans la justice, la durabilité et la coopération mondiale. Plutôt que de s’attaquer aux symptômes de l’insécurité, cette vision cible ses causes structurelles : la dégradation écologique, les systèmes économiques extractifs et exploiteurs, l’utilisation abusive des technologies et l’héritage durable du colonialisme »
La Paix planétaire, c’est aussi faire la paix avec la nature :
Lors de son discours sur l’état de la planète en 2020, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, avait dénoncé la « guerre menée par l’Humanité contre la nature » déclarant que « faire la paix avec la nature est la tâche déterminante du XXIe siècle ». Ce message a été réitéré lors de la Journée internationale de la Terre nourricière en 2023, affirmant que « nous devons mettre fin à ces guerres incessantes et absurdes contre la nature ». Cette affirmation a été encore davantage développée dans le rapport « Making Peace With Nature: A scientific blueprint to tackle the climate, biodiversity and pollution emergencies” .
Pour mieux comprendre les défis que représente cette opposition entre humanité et nature, l’ONU a mis en place la plateforme Harmony with Nature (HwN), qui s’autodéfinit comme « plateforme regroupant des praticiens, des universitaires et des chercheurs qui se consacrent au renforcement des collaborations interdisciplinaires afin de promouvoir une vision du monde non anthropocentrique, ou centrée sur la Terre, également appelée jurisprudence de la Terre . Au cœur de cette vision du monde se trouve la reconnaissance de la valeur intrinsèque de la Nature et des relations entre l’Humain et la Terre, qui sont symbiotiques, interconnectées et soumises aux lois naturelles de l’univers ».
Cette instance pionnière analyse la possibilité d’un changement diplomatique à venir et évalue les conditions dans lesquelles la diplomatie écologique peut être mise en œuvre de manière productive au XXIe siècle. S’appuyant sur des systèmes de pensée indigènes et des épistémologies extra européennes, des programmes tels que HwN prônent une nouvelle relation avec la planète Terre et invitent à considérer la Nature en tant qu’ interlocuteur diplomatique »
D’autre champs de recherche vont plus loin envisageant des opportunités de collaboration avec le plus qu’humain pour décentrer nos récits et trouver des solutions avec/pour le vivant. L’objectif est d’ouvrir de nouvelles manières de penser et d’agir pour imaginer des solutions inédites face aux crises systémiques de notre siècle. Cette perspective invite à considérer la co-construction de futurs possibles, où humains et non-humains participent à la transformation des modes de vie et des modèles de développement.
Alors oui : la Paix est bien plus que l’absence de guerre. Depuis toujours, l’humanité la poursuit comme un horizon de bonheur et d’harmonie, souvent centrée sur ses propres intérêts. Elle l’a inscrite dans des déclarations universelles, gravée dans des accords internationaux, … Pourtant, malgré ces efforts, la Paix reste aujourd’hui fragile, menacée par les guerres, les injustices et les rivalités humaines. La violence lente de la crise climatique et de la sixième extinction massive risquent de générer un terrain fertile à l’émergence de nouvelles conflictualités et impactera des millions de vies humaines et non-humaines.
Malgré ces constatations peu encourageantes, La Paix doit rester une utopie mobilisatrice qui peut et doit être consolidée au quotidien par l’action citoyenne, l’engagement politique, la capacité à s’indigner, par des mobilisations mais aussi par nos gestes quotidiens pour la planète, l’humanité et le vivant.
Comme le rappelait Thich Nhat Hanh :
« This, my dear, is the greatest challenge to being alive: to witness injustice in the world and not allow it to consume our light. »
Une manifestation « Global March for Palestine » sera organisée le 28 septembre par une coalition d’ONG autoproclamée « Coalition nationale luxembourgeoise pour la Palestine », dont la liste des organisations participantes ne cesse de s’allonger. Le Cercle soutient cette initiative et participera à la mobilisation. N’hésitez pas à également mobiliser vos proches pour nous rejoindre !
Quand ? Le 28 septembre à 15H00
Où ? Sur la Place de l’Europe, au Kirchberg
En juillet 2026, la BnL inaugurera une grande exposition temporaire consacrée aux concepts de Paix au Grand-Duché de Luxembourg. Accompagnée d’une publication scientifique, cette exposition offrira un aperçu des nombreuses initiatives qui ont œuvré en faveur de la Paix, tant au Luxembourg qu’au-delà de ses frontières, du XIXe siècle à nos jours. Dans le cadre de ce projet, la BnL lance un appel aux dons ou aux prêts afin de compléter ses collections de documents imprimés et d’enrichir l’exposition temporaire.
La BnL recherche des objets tels que :
L’exposition abordera également l’éducation à la paix.
Toute information et matériels autour des activités du groupe GEDEV, le consortium OWODOF, les ateliers scolaires autour des SDG sont les bienvenus. Un autre volet abordera les liens entre la paix et la justice climatique.
Toute information et tout matériel de protestation utilisé lors des manifestation au Luxembourg (Climate Justice, Fridays for Future, Youth for Climate etc.) pourront également être exposés.
Si vous possédez des éléments susceptibles d’intégrer l’exposition, veuillez contacter Madame Kim Krier avant le 16 novembre 2025.